Les lumières clignotent à un rythme qu’elles choisissent elles-mêmes ou peut être pas. Cela éclaire son petit visage pâle. Elle n’est pas jolie, elle est originale. En fait, on ne sait jamais si on doit lui sourire ou non. Cet air triste sur son visage fascine autant qu’il intimide. C’est sa mélancolie qui est belle, pas elle. Quand elle marche, on a l’impression que rien ni personne ne peut l’arrêter. La tête haute, mais les yeux vers le bas. Elle détaille ce qui l’entoure, analyse, critique. Aucun millième d’existence ne lui échappe. Les choses qui se déroulent dans sa tête ne sont pas décryptables. Il s’agit de codes qu’elle seule connait. Si elle vous parle, vous ne comprenez pas tout. Elle utilise toujours des images. De belles métaphores toutes aussi incompréhensibles les unes que les autres qui lui donnent cette réputation d’extraterrestre. D’où elle vient ? Personne ne le sait. Les gens préfèrent la regarder de loin. Ils ne la comprennent de toute façon pas. J’ai essayé plusieurs fois de l’approcher mais elle ne laisse aucune entité étrangère gravir ses murailles. Je crois que celui lui a pris beaucoup de temps pour les construire. Elles sont tellement hautes, tellement fortes. On se sent minuscule devant, comme si on ne pouvait jamais en atteindre le sommet.
lundi 11 février 2013
C'est sa mélancolie qui est belle, pas elle.
samedi 9 février 2013
Allô la Terre, est-ce que quelqu’un m’entend ?
Je reviens. Je le dis tout le temps. Je le fais jamais. Je suis donc une menteuse. Une belle menteuse, ou une lâcheuse. Tout dépend du point de vue. J'ignore s'il reste des âmes errantes par ici, mais j'ai tout de même eu envie de revenir. Pour parler d'abord, pour écrire et pourquoi pas bien plus encore. Cela faisait quelque temps déjà que j'y pensais. Je me disais que je pourrais une bonne fois pour toute m'imposer de publier de manière régulière en choisissant, par exemple, un jour précis. Puis, j'ai évidemment fini par abandonner l'idée car je savais que je ne m'y tiendrais pas. Alors d'autres semaines sont passé, jusqu'à ce que je réalise enfin. Pourquoi vouloir à tout prix revenir sous condition de régularité ? Après tout, si cette page existe, c'est pour moi avant tout. Je l'ai toujours dit. Donc si je veux écrire, j'écrirais, et ma foi, si je n'en ai pas envie, alors le silence gèlera ce site un moment, tant pis. Bizarrement, je me sens plus légère comme ça.
Il s'en est passé des choses depuis octobre. Ah si vous saviez. Je n'ai même pas la patience nécessaire pour tout vous raconter. Ce serait bien trop long. Je vais juste tenter de faire un petit résumé sans m'égarer histoire de reprendre surtout les évènements importants - ou non d'ailleurs -.
Je vous ai quitté peu avant ma rencontre avec celle qui est aujourd'hui ma grande acolyte Bien seule, si je ne mangeais pas avec mon amoureux à midi, si je ne le voyais pas durant les heures où je n'avais pas cours, je tournais en rond ou restais assise, complètement paumée, à la cafétéria. Puis petit à petit, les choses ont changé. Beaucoup changé même. Je pourrais d'ailleurs vous faire là tout de suite une crise monumentale sur ce qu'il s'est produit, mais je préfère ne mentionner que le meilleur : la fameuse Aurore, ma grande acolyte au cas où vous seriez à la ramasse. On a appris à se connaître doucement, et je crois que c'est grâce à nos nombreux points communs que nous sommes aussi proches à présent. C'est bien simple, on aime presque exactement les mêmes choses, tant sur le plan musical qu'au niveau de nos lectures, ou encore des fringues. Et comme si cela ne suffisait pas, nos principes, idées, mentalités, et rêves sont assez identiques aussi. Nos caractères se confondent, et l'entente est parfaite. Mais vous savez ce que j'adore le plus ? On peut avoir une discussion vive et extrêmement stimulante ou tout aussi bien passer de longues minutes à ne rien dire, assises l'une en face de l'autre sans que cela soit gênant. Et ça, c'est cool.
Nous bravons donc l'hiver Alsacien ensemble, elle plus que moi - elle est réunionnaise -. On a eu beaucoup de neige cette année, on en a encore, et ça n'a pas l'air de vouloir s'arrêter. Je n'aime pas ça, même si je suis née en plein hiver, je trouve que ça craint du boudin. Parce que ouais, depuis la dernière fois, j'ai pris un an. Je veux dire, j'ai dix-neuf ans maintenant. Un âge peu spécial. Cela ne sonne pas très bien en plus. « T’as quel âge ? - Dix neuf ans. » vous voyez, c'est nul. Puis j'ai un deuxième tatouage aussi. Peut être que vous le verrez un jour. J'ai déjà en tête le troisième, ma mère va me tuer, ma grand-mère va faire une crise cardiaque.
Je suis, comme vous l'aurez compris, toujours avec mon amoureux, et c'est encore l'amour fou. Notre histoire est hors du commun, je le pense vraiment. On est prêt à tout affronter. On a déjà survécu à beaucoup. Même si je suis une pleurnicheuse, il reste à mes côtés, me rassure autant qu'il le faut. Si j'avais besoin d'entendre tous les soirs qu'il ne me laissera jamais, je crois qu'il le ferait sans hésiter. On ne se lassera jamais. On restera ensemble jusqu'au bout. C'est une certitude aussi niaise que naïve, mais ça ne regarde que nous.
Enfin, dans un peu plus d'un mois je vais voir Saez en concert, puis Coeur de Pirate en avril. J'espère aussi pouvoir me rendre à Paris pour celui d'Imagine Dragons, mais comme cela tombe en période d'examens, rien n'est moins sur. En parlant d'examens, les notes du premier semestre tombent peu à peu, je ne m'en suis pas trop mal sortie. Je pense l'avoir, mais je vais éviter de parler trop vite, j'aurais l'air d'une quiche après sinon. Puis j'ai un exam mardi, en latin. Que des points de grammaire, ça devrait être facile normalement, sauf que le latin et moi, on ne s'aime pas. C'est pas faute d'essayer hein, j'y met vraiment du mien. Je participe même en cours. Seulement, une fois devant ma copie, plus rien ne va comme je veux. Quel malheur hein ? Oui, je suis vraiment à plaindre.
Aussi, on prévoit pleins de choses avec Aurore, des tas de sorties. Faut dire qu'elle sort depuis peu avec le meilleur ami de mon amoureux, alors en fait, c'est méga génial super cool, parce que je l'aime bien ce mec. C'est un chic type.
Voilà, le petit tour dans ma vie est fini. Et vous, ça va sinon ?
Promis, de véritables écrits arrivent.
mercredi 3 octobre 2012
Le rire est tragique. Le tragique est comique.
Je suis le genre de fille qui remet tout en question. Le monde extérieur comme ma propre existence. Je me permets de laisser ma pensée s’interroger sur cela ou ceci. Avant, je retranscrivais toujours ces réflexions orphelines et à présent elles se perdent juste dans le néant de mes maux.
Il m’arrive de me demander ce que ma vie serait si j’avais fait d’autres choix. Serais-je aussi bien dans ma peau ? Je ne prétends pas avoir une totale confiance en moi, je me demande même si une telle chose est possible. Seulement, je crois que je me sens à l’aise avec ce qui m’entoure. Je sais d’où je viens, qui je suis, qui je ne veux pas être et ce que je veux devenir. En somme, j’ai ce que j’ai sans en vouloir réellement plus. Certes, on a toujours envie de plus, parce que sinon on n’avance pas, mais parfois je me dis « stop, ça suffit ». J’ai peur de perdre quelque chose en route ou pire de me perdre. Parfois, je souhaiterais arrêter le temps et juste rester pour toujours cette jeune fille de dix-huit ans, bien avec ses amis, amoureuse, et heureuse avec sa famille. Sauf que cela ne se fait pas, et qu’il ne faudrait vraiment pas que je reste bloquée. Et je sais que je ne le resterais pas, le futur m’attire tout de même. Il a ses propres charmes.
Quand j’y pense, c’est dingue ce que les évènements de la vie influencent notre personne. Je ne suis plus celle que j’étais et pourtant je reste celle que je suis, sans être encore celle que je vais devenir. Voyez-vous où je veux en venir ? Nous sommes constamment en train d’évoluer. Qu’on le veuille ou non. De la bonne manière ou non. Je parlais de cette crainte de me perdre. Ce que je voulais dire, c’est que j’ai peur de perdre tout ce que j’ai gagné. Car c’est possible, j’en suis sure. Je pourrais à tout moment redevenir cette fille totalement renfermée sur elle-même et cloîtrée avec ses mots. Je me remettrais à haïr les gens (même si je ne les aime toujours pas trop) et je me lamenterais seule dans un coin. Pour faire plus simple ; je retournerais au fond de ma coquille alors que je suis si proche d’en sortir. Chaque jour un peu plus proche. En fait, je n’ai jamais été aussi proche.
Oh, il faut encore creuser pour me connaître et m’apprécier. De même qu’au premier abord je suis toujours perçue comme une fille froide. C’est malgré moi. Je ne souris pas. Je regarde de travers. C’est pas faute d’essayer de faire des efforts. Je ne pense pas être méchante. Ou en tout cas pas foncièrement méchante. Je sais que je peux l’être, et c’est parce que je me dis que quelques fois c’est nécessaire. C’est sans doute un peu pour me protéger. Surement parce que je n’aime pas aller vers les autres. Et peut être aussi parce que j’aime bien être seule. Mais je ne suis pas méchante.
Est-ce que c’est mal d’apprécier la solitude ? Celle qui la plupart du temps me pousse à ouvrir cette page, ou plutôt celle qui me poussait autrefois à le faire. Je ne sais pas trop pourquoi j’en suis arrivée là ni comment j’ai pu délaisser tout ça aussi longtemps. J’en avais tellement besoin avant. Cela veut-il dire que je n’en ai plus besoin maintenant ? Cela ne s’impose plus comme une évidence, comme une obligation. Pourtant, je sens que c’est toujours là. Il me faut encore ces mots. Mes mots.
En fait, je ne suis plus seule. J’aime toujours l’être mais je sais que je ne le suis plus. Cela a comblé quelque chose. Je suis comme occupée. Le cœur est rempli. Les amis, la famille, le chéri. Il n’y a plus de place pour se morfondre, pour se trouver hors-norme, ou bizarre. Tout ce qui provient du côté noir de l’adolescence. Vous savez, quand on ne se sent pas bien, qu’on a mal et qu’on ne voit rien. Ce moment où on est tellement égoïste à ne voir que notre propre malheur et rien d’autre. J’ai dépassé ça et comment dire, c’est étrange. Je commence quelque chose de nouveau. Pourtant, si tout va mieux, si je suis bien dans ma peau, je peux et veux encore jouir d’une certaine solitude. Parce que c’est ma manière de tout poser à plat, de tout évacuer et de me vider. Je retrouve ce qui autrefois m’aider à garder un équilibre et la tête haute. Je vois que ça revient. Tout sort.
Je suis face à face avec moi-même, cela faisait longtemps. Alors comment tu vas ? Toute cette analyse ça te mène à quoi ? Est-ce que ça te fait du bien ? Oh oui. Tellement. Je dois écrire. Je dois reprendre. Tout va bien, et ça ira parfaitement bien. L’écriture me manquait. Cela me chatouillait. J’espère que c’est le début d’un renouveau, d’une renaissance. Pourquoi ne pourrais-je pas écrire toute en étant heureuse et entourée ? Entourée et seule aussi ? Je suis tout ça à la fois. Je suis une entité unie et divisée. Comme tous les autres hommes de cette planète. Des contradictions dans ma tête mais tout va bien. Je me suis. Et je suis surement la seule à suivre sur ce coup.
C’est un tourbillon que je suis la seule à comprendre.
samedi 22 septembre 2012
Je crois que je suis là
où je dois être. Bien sur, j’ai toujours peur. Je suis une angoissée vous savez,
je ne peux donc pas mettre mes pensées en pause, mais ça va. Il me semble que
ça va. J’ai comme l’étrange conviction d’être au bon endroit.
Je me rappelle, non
sans un sourire, que déjà en quatrième je disais « je vais faire un bac
littéraire ». Je voulais devenir
professeur de français. Les livres prenaient de plus en plus de place dans ma
vie et les mots aussi. Ecrire était devenu ma façon de communiquer, lire ma
manière de m’échapper. Je m’étais donc tout naturellement attachée à la
littérature. Cela s’est confirmé en seconde où mes résultats catastrophiques en
mathématiques n’avaient fait que me pousser davantage dans cette voie. A ce
moment je ne souhaitais plus enseigner le français, mais l’anglais. Cela a duré
un temps. J’étais à fond pour tout vous dire. Lire des livres en anglais,
étudier à l’étranger, LEA, LLCE, et tout le reste. Puis je suis retournée ‘’
aux sources ‘’. Pourquoi et comment, je ne sais plus trop. Ça s’est un peu
imposé à moi. Au début, je me renseignais seulement par curiosité, pour
envisager d’autres voies en quelque sorte mais j’ai très vite oublié le reste.
Etudier pour tenter de pénétrer le monde du livre, voilà ce que je voulais et veux
réellement faire ou plutôt ce que je vais m’efforcer de faire, sans jamais
baisser les bras. Je suis motivée. J’en veux. J’en demande. Je vais y arriver.
Je me dois de penser ainsi sinon je sais que je n’irais nulle part. Jusqu’à mon
entrée à la fac, je n’avais jamais eu la niaque. Rien ne me motivait plus qu’autre
chose. Cette fois, j’ai un but. Un vrai but. Le premier de ma vie et sans doute
pas le dernier. J’espère garder tout ça au fond de moi, surmonter les obstacles
et toujours avancer dans la bonne direction.
Quand je dis que je
suis en licence de lettres modernes on me regarde bizarrement, comme si j’étais
une marginale ou encore une fille un peu tarée qui a du temps à perdre et qui
est là par dépit. Il y en a même un qui a osé me dire « Chacun son
problème ». En fait, tout le monde ne jure que par les débouchés. Je
conçois que c’est important, surtout quand on voit le monde dans lequel on vit.
Et je vous mentirais si je vous disais que ça ne me préoccupe pas. Bien
évidemment que je crains de ne rien avoir au bout mes études. Je sais dans quoi
je me lance. Je sais les risques et les portes qui peuvent se fermer. Je sais
aussi qu’il faut savoir en ouvrir d’autres et surtout qu’il faut faire ce qu’on
désire. Se lancer sans envie ne peut être que démoralisant et bien moins
bénéfique. C’est risquer un abandon plus rapide, plus décevant. Je suis aussi
de celles qui pensent que si on arrive à tirer son épingle du jeu, on peut y
arriver. Le tout, c’est d’avoir un peu de chance et même de la provoquer.
Alors oui, je ne
comprendrais jamais pourquoi les étudiants en lettres sont tant dénigrés. Ou
plutôt, pourquoi on ne nous comprend pas. S’ils savaient tout ce qui est bon
dans la littérature, ils ne nous regarderaient pas comme ça ! On peut s’en
sortir en faisant des études littéraires. J’en suis convaincue et je vais le
prouver à mon oncle mais aussi à tous ceux qui m’ont un jour dit ces fameuses
phrases : « Il n’y a aucune débouchée après un bac L » & «
La fac c’est bien pour être professeur ».
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