J’ai passé ces dernières semaines à faire de mon mieux
pour garder la tête haute car, il faut bien le dire, mon cœur a été balancé d’un
coin à l’autre de ma cage thoracique entrainant une douleur tant lancinante que
perturbante. Des montagnes russes dignes de ce nom qui auraient pu à tout
moment me le faire vomir. Mais je crois qu’il est encore à sa place, ou plutôt
qu’il y est retourné.
Je suis – et je crois
que j’ai toujours été – une peureuse. J’angoisse pour un rien, je me protège de
tout et je préfère en général fuir ou me taire. Et je peux vous dire que là j’ai
été à deux doigts de m’enterrer six pieds sous terre. J’ai eu les pires pensées
qu’il m’est possible d’avoir. Rien de suicidaire, rassurez-vous. J’ai juste songé
à des choses qui ne m’avaient encore jamais effleurées l’esprit auparavant.
J’ai osé croire que mon
copain serait mieux sans moi, s’était lassé de moi, et ne me trouvait plus
assez bien. J’ai laissé mon esprit me
jouer ce mauvais tour. Je me suis enfoncée dans cette idée plus qu’idiote
puisqu’au final, je me suis fait du mal toute seule. Je me disais ; tu n’as pas ta place dans
sa vie, pars, ça sera moins douloureux que de rester. J’avais vraiment l’impression
de ne plus exister, ou d’être devenue moins importante en tout cas. Je me suis
sentie sur le côté. Un peu délaissée. Mais vivre sans lui, voyez-vous, ce n’est
plus envisageable. Alors à la place, je lui ai fait vivre un enfer. J’ai été
détestable au possible. J’attendais un retour, une claque, n’importe quoi. Mais
j’aurais dû réaliser dans la seconde, après tout je le connais assez pour ça,
qu’il ne fonctionne pas comme ça.
J’ai subi un électrochoc
vendredi soir. Pour la première fois, il n’a pas été méchant mais il a relevé
mon comportement d’une telle manière que je l’ai eu ma baffe. Cela m’a permis de
prendre conscience et de descendre un peu. Oh Manon, pourquoi es-tu si bête, si
immature, si trouillarde ? La peur m’avait fait dire et faire des choses
insensées. J’ai agis comme ces filles que je critique, en pétant un plomb pour
des sottises. Quand j’y pense, quelle chanceuse je suis de ne pas l’avoir fait
fuir. Et malgré ça, j’ai peur encore.
Je sais d’où vient
cette peur, et j’essaye de la combattre. Je désire plus que tout la vaincre. Je
ne veux pas que mon copain s’imagine que je n’ai pas confiance en lui, car la
vérité c’est que je n’ai pas confiance en moi. En fait, j’ai la sensation que
quoi que je fasse, cette crainte de l’abandon sera toujours présente et je peux
remercier mon père pour ça. Je ne suis pas assez bien pour lui, alors pourquoi
le serais-je pour les autres ? Comment mon copain peut-il autant m’aimer ?
Moi, apparemment si nulle en communication, terriblement égoïste, affreusement
hypocrite, et lâche par-dessus le marché.
C’est affreux d’avoir
peur d’être laissé sur le bord de la route. On panique pour le moindre détail.
On s’inquiète tout le temps et on a sans cesse besoin d’être rassuré. Du coup,
on a encore plus peur parce que bon, la personne pourrait en avoir marre et
donc foutre le camp. Je me demande parfois si mon amoureux n’en a pas assez
mais n’ose pas me le dire. Je pleure toujours et il doit tous les soirs – ou presque
– me répéter les mêmes choses, mais rien ne rentre. Je n’arrive pas à m’y
faire, à accepter.
Quoiqu’il en soit, il
faut que j’arrête tout ça. Je ne peux pas vivre toute ma vie en ayant peur. Je
crois que personne ne le peut, ce n’est plus une vie sinon. Je devrais plutôt
remercier mon amoureux. Encore une fois. Je le fais tout le temps, mais c’est
qu’il me donne tellement, plus que je n’en mérite. Il n’y a aucun mot pour vous
laisser imaginer tout l’amour qu’il me porte. Je suis juste une enfant pourrie
gâtée. Je ne sais pas. C’est trop énorme pour moi. Je suis trop heureuse avec
lui. Je ne veux vraiment personne d’autre que lui à mes côtés. Grâce à lui j’ai
fait des efforts ainsi que des progrès dingues.
Il est le seul à qui j’ose me confier totalement. Il est un peu devenu mon
journal intime, ma feuille blanche, sauf que lui, il me répond, il m’aide, il m’aime.
Il n’y a rien de meilleur.
M, je t’aime.
Devant tous les inconnus qui passeront ici, je le dis ; il me faut plus qu’une
éternité à tes côtés, et je sais que j’aurais droit à ça. Notre histoire était
écrite. Moi je crois que Dieu m’a mise sur ton chemin pour mon bien, et j’espère
pour le tiens.