« L’horizon se brouille. L’océan monte à ses yeux et fait jaillir des éclats salés. Dans la brume, elle se perd. Elle n’arrive plus à toucher terre. Alors elle envoie un sos qui finira par se perdre dans tout ce néant. Car ici c’est trop grand pour elle, et elle ne veut pas d’un monde pareil. »
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mercredi 3 avril 2013
If I had a boat.
lundi 11 février 2013
C'est sa mélancolie qui est belle, pas elle.
Les lumières clignotent à un rythme qu’elles choisissent elles-mêmes ou peut être pas. Cela éclaire son petit visage pâle. Elle n’est pas jolie, elle est originale. En fait, on ne sait jamais si on doit lui sourire ou non. Cet air triste sur son visage fascine autant qu’il intimide. C’est sa mélancolie qui est belle, pas elle. Quand elle marche, on a l’impression que rien ni personne ne peut l’arrêter. La tête haute, mais les yeux vers le bas. Elle détaille ce qui l’entoure, analyse, critique. Aucun millième d’existence ne lui échappe. Les choses qui se déroulent dans sa tête ne sont pas décryptables. Il s’agit de codes qu’elle seule connait. Si elle vous parle, vous ne comprenez pas tout. Elle utilise toujours des images. De belles métaphores toutes aussi incompréhensibles les unes que les autres qui lui donnent cette réputation d’extraterrestre. D’où elle vient ? Personne ne le sait. Les gens préfèrent la regarder de loin. Ils ne la comprennent de toute façon pas. J’ai essayé plusieurs fois de l’approcher mais elle ne laisse aucune entité étrangère gravir ses murailles. Je crois que celui lui a pris beaucoup de temps pour les construire. Elles sont tellement hautes, tellement fortes. On se sent minuscule devant, comme si on ne pouvait jamais en atteindre le sommet.
mercredi 9 mai 2012
It would be so nice to wake up and see you tangled in the sheets next to me.
image ; trouvée sur tumblr.
C’est le genre de chaleur qui te rend fou. Elle te prend par la gorge et t’étrangle.
Pourtant t’en demandes encore. T’en veux toujours plus. Ce n’est jamais assez.
Ils marchent. Ils descendent. Ils glissent. Ses doigts dansent puis esquivent. Ils tirent sur les draps en coton, provoquent ainsi de grands frissons que sa peau brulante ne peut plus cacher. Elle dessine ses formes, caresse son flan, frôle sa poitrine. Sa paume épouse la courbe de son dos. Leurs corps se rapprochent et les battements de leurs cœurs se répondent en écho tandis que son haleine chaude tape sur sa bouche rosie. Leurs lèvres se cherchent et jouent ensemble. Ils étouffent. La passion consume ce qui reste de raisonnable dans tout ça alors que la nuit engloutit la chambre dans sa globalité et qu’une moiteur insupportable s'installe en maître. Leurs respirations sont devenues bruyantes, haletantes. Une fine pellicule de sueur habille leur chair nue. Ils frémissent dans l’obscurité. Ils pèsent lourds sur le matelas. Tous leurs muscles se contractent. Ils se tordent de plaisir. La tension retombe mais reste palpable. Ils se bouffent du regard. Leur épiderme sensible les fait trembler. Un ticket pour le paradis sans retour je vous prie. Et ils scellent dans un dernier baiser tout leur amour.
samedi 11 février 2012
Les ombres dessinaient des arbres, quelques fois des fleurs ou peut être bien des monstres. Elle les fixait, rêveuse et éteinte à la fois. Morte, mais pourtant si vivante. On venait de la tuer. Il l’avait tué. Son corps nu reposait sur le lit. Il était recouvert par un joli drap blanc, et portait en lui la trace de cette douleur encore si vive à son cœur. Les bras tendus vers le plafond, elle semblait vouloir s’échapper vers cette forêt enchantée. Elle se l’imaginait vaste, pleine d’oisillons, et de pétales dorées. Elle toucherait le vent du bout des doigts, le sentirait glisser dans ses cheveux, un peu comme sa main. À l’exception faite qu’elle ne le craindrait pas, parce qu’il ne risquerait pas de s’enfuir.
L’air est toujours là, elle file toujours sur notre peau. Brise ou rafale. On la sent, même si elle nous échappe.
Lui aussi lui échappait, tout le temps d'ailleurs. Seulement si elle ne le rattrapait pas, elle ne pouvait plus le sentir. Elle croyait qu‘elle sortait avec le vent. Qu’elle riait avec le vent. Qu’elle couchait avec le vent. S’imaginait qu’elle disposait d’un pouvoir, d’une sorte de privilège. Elle se pensait forte dans les rares moments où elle le possédait. Comme si elle avait une prise sur lui, alors qu’il l’avait sur elle.
La tornade l’avait emportée il y a bien longtemps déjà, l’envoyant valdinguer d’un extrême à l’autre. Car c’est un grand pas qu’il y a entre l’amour et la haine. Un pas de géant. Bien trop gigantesque pour elle. Elle avait essayé de le franchir un nombre incalculable de fois. Hématomes, et cicatrices parsemaient ses jambes.
Il ne les voyait même pas.
Et tout ça parce qu’elle en avait redemandé. Anesthésiée et droguée au mal. Toujours plus. Toujours cette passion dévorante. Elle se trouvait maintenant les deux genoux à terre, implorant la fin. Cette fin qu’il lui avait donné sur un plateau d’argent. Une fin méritée et longuement négociée. Un souffle tremblant s’échappa de ses lèvres alors qu’il remuait lentement les siennes. « C’était bon. »
mercredi 5 octobre 2011
& une pensée pour G-Dragon -un de mes artistes favoris- qui est en train de vivre une passe difficile.
(un début de récit inachevé comme beaucoup d'autres)
L’heure tourne, elle fait calmement le tour de son cadran. La fenêtre est grande ouverte sur l‘une des avenues de Séoul, alors le bruit du trafic bourdonne dans ses oreilles, l’agace même. Quant au vent froid de l’hiver, il agresse sa peau blême et provoque des tremblements qui ne le dérangent désormais plus. Les sensations lui paraissent lointaines. Il approche une longue tige blanche de sa bouche, empoisonne ses poumons, le regard perdu et vide. La fumée glisse dans l’air glacial de la ville, s’échappant de ses lèvres presque bleues. Le nuage est épais et il a l’impression qu’il pourrait le rattraper s‘il le voulait.
Séoul ne lui avait jamais paru aussi morne qu’en ce jour. Plus aucun charme ne s’en dégageait, ni des gens, ni des couples, ni des amis, ni des lumières, ni des voitures, ni des klaxons ; Séoul est morte. Elle n’ensorcèlera plus personne. Un peu comme lui. Pourtant il ne lui appartient plus. Il se sent flotté au-dessus d’elle, comme si il l’avait quitté et qu’il l’observait de sa tour d’ivoire. Quand en était-il descendu pour la dernière fois ? Pour que Séoul lui semble si amère n’était-ce pas qu’il avait perdu le goût de la vie. Car à trop vivre dans ses rêves la réalité lui paraissait désormais si fade. Alors son assèchement buccal venait-il seulement de ce qu’il était en train de consommer ? Ou est-ce que depuis quelques mois le goût de la vie n’était juste plus le même ? D’un air désinvolte, il envoie valser son mégot et appuie ses avant-bras sur le rebord. Il n’arrive pas à contempler la vue, ni à s’arrêter sur les détails. Il ne fait que fixer le vide.
« Tu peux fermer la fenêtre ? Ça caille. » Il pouffe d’abord, puis part dans un de ces fous rires qu’on ne contrôle pas et qui effraient. Lentement, il pivote, prend appui sur ses coudes et fait basculer sa tête en arrière. Sa nuque craque, mais il continue de rire, les yeux fermés et le visage orienté vers le ciel. Puis d’un coup plus rien. Juste le silence, lourd, pesant, inquiétant. Un sourire vicieux s’empare de son visage. Son cou se redresse, porte à nouveau son crâne dans un axe convenable. « Dégage. » Il la dévisage, retrace les formes voluptueuses de son corps mais ne remonte jamais plus haut que ses épaules. Il ne sait plus son nom, n’en a pas grand-chose à faire finalement, et a depuis longtemps fini de jouer. Alors il la jette, comme un mouchoir usagé gorgé de germes. Elle ne lâche pas, espère avoir mal entendu mais quand l’index du rappeur lui indique la sortie elle ne perd pas une minute et commence à le couvrir d’insultes. Des synonymes abracadabrants, qu’il connait par cœur et qui l’amusent. La porte claque dans un son assourdissant qui se cogne aux murs de l’appartement et résonne.
dimanche 4 septembre 2011
There will always be an « over » in lover.
L’herbe fraîchement coupée chatouille ses orteils, tandis qu’une légère brise caresse sa peau de porcelaine. Quelques cheveux blonds se collent à ses lèvres humides, et du bout de ses petits doigts, elle tient délicatement ses plus beaux escarpins noirs. Il lui semble qu’autour d’elle le monde tangue, un peu à la manière d’un navire affrontant vents et marées. Oui, c’est ça, elle prend le large. En fait, ils prennent tous le large, à la recherche de nouveaux horizons, d‘une nouvelle aventure. Ils ont trop bu, c’est sur.
Au milieu de cette foule de gens, entre les rires et les cris, elle se sent étrangère. Cette soirée la dérange. Il en reste comme un arrière goût plutôt amer. Elle ne parvient pas à savoir si cela vient de sa dernière boisson ou des larmes qu’elle tente de contenir. Ses prunelles se lèvent vers le ciel, et force de constater qu’il n’est plus aussi sombre qu’à leur arrivée. Les minutes ont défilé, les heures aussi. Il est tard, ou tôt, tout dépend du point de vue. Il ne fait pas chaud, mais elle n’a pas froid non plus. Par contre elle a mal. Peut être parce qu’elle a trop dansé, et qu’elle a usé ses pieds comme si sa jeunesse en dépendait. Mais à bien y réfléchir, ce n’est pas le pire. La véritable douleur, elle vient de l’intérieur. Ça résonne dans son cœur, elle l’entend qui sonne l’heure des adieux. Ses visages si connus vont peu à peu devenir des souvenirs, et d‘ici quelques années, elle ne pourra plus dire avec exactitude ce qu‘elle a fait avec un tel durant tel moment. Certains n’existeront même plus, emportés par le temps, noyés au fond de son passé. Il parait qu’on a pas le choix, qu‘on est obligé de grandir et que, pour grandir, on ne peut pas tout garder dans nos bagages. C’est triste, se dit-elle, c‘est un peu se perdre soi-même.
Une soudaine chaleur sur sa peau la fait sursauter et sortir de ses pensées. Elle lève son visage vers l’ombre au-dessus d’elle, et sourit timidement. Des bras encerclent alors ses fines épaules et des lèvres s’approchent de son oreille pour lui demander en quelques murmures si elle n’a pas froid comme ça. Elle agite négativement la tête puis soupire. Elle n’a jamais crû au destin, aux âmes sœurs, ni même au grand amour. Pourtant, là, tout de suite, elle aurait envie d’y croire. Cela l’apaiserait de penser qu’un jour ils vont se revoir. Elle comprend toutes ses filles finalement, c’est tellement plus agréable d’être bercée par de douces illusions. Le pouvoir des sentiments n’est-il pas justement de les créer ? Songeuse, elle laisse basculer sa tête en arrière et s’appuyer sur l’épaule du jeune homme. Il la regarde, embrasse sa tempe, et y colle sa joue.
« C’est bientôt la fin. Souffle-t-il.
- On dirait bien. Tu es triste ?
- Peut être. Toi tu l’es ?
- Je crois que oui. »
Elle le sent qui l’étreint un peu plus fort, alors elle pose ses mains sur ses avant-bras, et involontairement y laisse légèrement glisser ses ongles. Son cœur bat vite, beaucoup plus vite qu’avant. Ce n’est plus l’excitation mais le terrible retour à la réalité. Car voici venue l’heure de faire une nouvelle place dans la valise.
« Elle est belle la lune, tu ne trouves pas ?
- Pas aussi belle que toi.. Tu trembles.
- Elle est là chaque nuit. Elle nous oublie jamais parce qu’elle sait qu’on l’attend, alors elle revient.
- Tu serais la lune, et je serais le ciel.
- Et alors, je ne tremblerais pas. »
dimanche 10 juillet 2011
Lorsqu’un enfant franchit pour la première fois les portes de l’école, et qu’il débute son long parcours scolaire, il ne sait pas encore qu’il va y jouer une grande partie de lui-même, si ce n‘est l’une des plus importantes. Il ne réalise à aucun moment qu’à mesure que les années passent, il va parier toujours un peu plus sur son avenir, jusqu’à faire tapis, et là ce sera quitte ou double. On va lui demander de choisir, de réfléchir et de ne surtout pas faire d’erreur. Réussir ses examens deviendra son unique but, ou peut être bien celui des adultes. Il lui faudra ensuite décider de sa voie, celle qu’il empruntera pour le reste de sa vie. Car tous les jours il devra marcher sur ce sentier, dans un sens puis dans l’autre. Ce sera ainsi chaque matin, et chaque soir, c‘est-ce qu‘on appelle le quotidien, ou pour les plus pessimistes, la routine. Et tout ça à l’âge où il commencera tout juste à comprendre le monde qui l‘entoure. On attendra de lui qu’il prenne les plus importantes décisions, et surtout les meilleures. Mais le parcours parfait n’existe pas, tôt ou tard il aura des regrets, ou pire encore, des remords.
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