samedi 11 février 2012

Les ombres dessinaient des arbres, quelques fois des fleurs ou peut être bien des monstres. Elle les fixait, rêveuse et éteinte à la fois. Morte, mais pourtant si vivante. On venait de la tuer. Il l’avait tué. Son corps nu reposait sur le lit. Il était recouvert par un joli drap blanc, et portait en lui la trace de cette douleur encore si vive à son cœur. Les bras tendus vers le plafond, elle semblait vouloir s’échapper vers cette forêt enchantée. Elle se l’imaginait vaste, pleine d’oisillons, et de pétales dorées. Elle toucherait le vent du bout des doigts, le sentirait glisser dans ses cheveux, un peu comme sa main. À l’exception faite qu’elle ne le craindrait pas, parce qu’il ne risquerait pas de s’enfuir.
L’air est toujours là, elle file toujours sur notre peau. Brise ou rafale. On la sent, même si elle nous échappe.
Lui aussi lui échappait, tout le temps d'ailleurs. Seulement si elle ne le rattrapait pas, elle ne pouvait plus le sentir. Elle croyait qu‘elle sortait avec le vent. Qu’elle riait avec le vent. Qu’elle couchait avec le vent. S’imaginait qu’elle disposait d’un pouvoir, d’une sorte de privilège. Elle se pensait forte dans les rares moments où elle le possédait. Comme si elle avait une prise sur lui, alors qu’il l’avait sur elle.
La tornade l’avait emportée il y a bien longtemps déjà, l’envoyant valdinguer d’un extrême à l’autre. Car c’est un grand pas qu’il y a entre l’amour et la haine. Un pas de géant. Bien trop gigantesque pour elle. Elle avait essayé de le franchir un nombre incalculable de fois. Hématomes, et cicatrices parsemaient ses jambes.
Il ne les voyait même pas.
Et tout ça parce qu’elle en avait redemandé. Anesthésiée et droguée au mal. Toujours plus. Toujours cette passion dévorante. Elle se trouvait maintenant les deux genoux à terre, implorant la fin. Cette fin qu’il lui avait donné sur un plateau d’argent. Une fin méritée et longuement négociée. Un souffle tremblant s’échappa de ses lèvres alors qu’il remuait lentement les siennes. « C’était bon. »

10 commentaires:

Mack a dit…

Waow. Ca m'impressionne la force de ton texte. Je n'ai même pas tout saisit... Tu m'expliques ? En tout cas, c'est très bien écrit.

Mack a dit…

Retenir la souffrance mais aussi les bons moments, car après tout, je crois pas qu'il y est malheur sans bonheur...
Je suis trop fière d'avoir été la première à commenter ta merveille !

Mack a dit…

J'adore aussi cette chanteuse, elle touche des points sensibles avec ses chansons, et je te remercie pour tes conseils, c'est gentil !

Mack a dit…

A chaque fois que je termine un texte, j'ai du mal aussi, je me dis que c'est pas encore assez bien et qu'il faut retoucher des trucs. Mais ton texte transporte vraiment une émotion. *.*

Mack a dit…

Nous nous comprenons, nous, les écrivains en herbe. ;)

Jennifer a dit…

Je trouve que ton texte est tellement complexe et tellement beau à la fois. C'est bizarre, il est complexe mais on se doute quand même que ça parle d'amour, de destruction...

Enfin bon, continue d'écrire, t'as un vrai talent pour ça :)

Jennifer a dit…

Haha, oui c'est vrai que c'est moins facile pour ceux qui te lisent mais ça reste super beau quand même, et c'est pas à la portée de tout le monde d'écrire des textes qui ont autant de la force. Bravo miss !

Margaux a dit…

C'est toi qui a écrit ce texte ?! Si oui, bravo, il est beau, touchant, on peut s'y représenter... J'ai adoré !

Belle journée Manon, bises.
M.

The Mind's Clothes a dit…

Merci pour la description de ton voyage, encore un pays à rajouter à ma liste "Aller dans ces pays" ;)

Mack a dit…

Trop classe comme couleur ! :D
Je rajoute ça sur ma liste de pays à visiter alors ? ;)